Voyager avec des vertiges

Le guide complet pour anticiper et gérer votre trajet en toute sérénité

Philippe FOUILLEN

4/15/20263 min read

L’idée de faire ses valises et de partir en voyage devrait être synonyme d'évasion et de plaisir. Pourtant, lorsqu'on souffre de troubles vestibulaires, l'avion, le train ou même un simple trajet en voiture peuvent rapidement devenir une source d'angoisse. La peur de déclencher une crise de vertige ou de subir un mal des transports intense pousse parfois certains patients à restreindre leurs déplacements.

Pourtant, il est tout à fait possible de préparer vos déplacements en toute sérénité. De la compréhension de votre oreille interne aux astuces pratiques pour réduire le risque de crise pendant le voyage, voici votre plan d'action.

1. Avant le départ : La préparation est la clé de la sérénité

L'anxiété d'anticipation est l'un des plus grands déclencheurs de symptômes vestibulaires. Le stress libère du cortisol, qui altère la capacité de votre cerveau à gérer l'équilibre. Pour partir serein, tout se joue avant de fermer votre valise (comme celle de notre image !) :

  • Le choix stratégique de la place : Ne laissez pas votre placement au hasard.

    • En avion : Réservez un siège au niveau des ailes. C'est le centre de gravité de l'appareil, là où les turbulences se font le moins sentir.

    • En train : Exigez une place dans le sens de la marche. Voir le paysage défiler à l'envers est le moyen le plus rapide de créer un conflit sensoriel.

    • En bateau : Placez-vous au centre du navire et au niveau de la ligne de flottaison (ou sur le pont supérieur pour voir l'horizon).

  • La "Trousse SOS" : Ayez toujours sur vous (dans votre sac à main ou bagage cabine) une trousse de secours. Glissez-y les médicaments anti-vertigineux ou anti-nauséeux prescrits par votre médecin, une bouteille d'eau, et éventuellement des bonbons au gingembre (reconnu cliniquement pour apaiser les nausées). Le simple fait de savoir que vous avez cette trousse réduit l'anxiété de moitié.

  • Le repos compensatoire : Une oreille interne fragile a besoin d'un cerveau reposé pour compenser. Ne faites pas une nuit blanche la veille du départ.

2. Pendant le trajet : Gérer le mal des transports (Cinétose)

Le mal des transports survient lorsque votre cerveau reçoit des informations contradictoires. En voiture, votre oreille interne "sent" les virages et l'accélération, mais si vous regardez votre téléphone, vos yeux disent à votre cerveau que vous êtes immobile. Ce court-circuit neurologique provoque nausées et étourdissements.

  • La règle d'or : Fixez l'horizon. En regardant loin devant vous (le paysage lointain, pas le bord de la route), vous aidez vos yeux à confirmer à votre oreille interne que, oui, le corps est bien en mouvement.

  • Bannissez les écrans et la lecture : C'est non négociable pendant un trajet si vous êtes sensible. Si vous devez vous occuper, écoutez un podcast ou de la musique en fermant les yeux pour supprimer complètement l'information visuelle.

  • Conduisez (si possible et sécuritaire) : Le conducteur anticipe chaque mouvement (freinage, virage). Son cerveau sait exactement ce qui va se passer, ce qui annule le conflit sensoriel. C'est pourquoi le conducteur n'est presque jamais malade en voiture.

3. Astuces "Anti-Crise" : Que faire si ça tourne ?

Malgré une bonne préparation, une sensation d'instabilité peut survenir, particulièrement lors des changements de pression (décollage/atterrissage). Voici comment désamorcer la crise :

  • Équilibrez la pression (Avion/Montagne) : Les variations de pression affectent le tympan et se répercutent sur les liquides de l'oreille interne. Mâchez un chewing-gum, bâillez exagérément, ou pratiquez doucement la manœuvre de Valsalva (bouchez-vous le nez, fermez la bouche, et soufflez doucement comme pour vous moucher) pour déboucher vos trompes d'Eustache.

  • La "Fixation visuelle" : Si le vertige monte, ne fermez pas immédiatement les yeux, car vous laisseriez votre oreille interne "malade" seule aux commandes. Fixez intensément un point immobile devant vous (le siège de devant, un point sur le mur). Aidez-vous de votre vision pour stabiliser votre cerveau.

  • La respiration vagale : L'angoisse d'une crise accélère le rythme cardiaque. Forcez-vous à respirer très lentement (inspirez sur 4 secondes, soufflez sur 6 secondes). Cela stimule le nerf vague, qui envoie un signal d'apaisement immédiat à votre système nerveux et atténue la sensation vertigineuse.

En conclusion :

Ne laissez pas vos vertiges vous dicter vos frontières. Avec une bonne anticipation, le respect de vos capteurs sensoriels et quelques astuces simples, vous pouvez reprendre la route (ou les airs) avec confiance.

Bon voyage !

Philippe FOUILLEN

Kinésithérapie spécialisée dans le traitement exclusif des troubles de l'équilibre et vertiges.

📞 02 97 40 59 40

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